La gynécomastie est un développement excessif des seins chez l'homme, d'un seul côté ou des deux côtés, de façon symétrique ou non.
Elle est généralement peu ou pas douloureuse, mais elle peut parfois s'accompagner d'une sensibilité de la poitrine.
Théoriquement, la véritable gynécomastie n'est liée qu'à la glande mammaire, et la fausse gynécomastie ne contient que de la graisse. En pratique, les deux composantes, glandulaire et graisseuse, sont très souvent associées.
L'intervention :
Le traitement chirurgical de la gynécomastie ne doit être envisagé qu'après échec du traitement médical. Ce traitement s'adresse particulièrement aux formes gênantes par leur volume ou leur sensibilité, ainsi qu'aux gynécomasties psychologiquement mal tolérées. Chez l'adolescent, il faut attendre environ 2 ans d'évolution avant d'envisager la chirurgie.
La lipoaspiration est une méthode qui ne peut être envisagée seule que dans le cas où le contenu des seins est constitué uniquement par de la graisse (fausses gynécomasties).
Dans le cas des véritables gynécomasties, la glande mammaire, qui est dure, ne peut pas être aspirée. Elle ne peut être retirée que chirurgicalement. Tout dépend alors de la taille du sein et de l'élasticité de la peau.
- Lorsque la peau est élastique, et que le sein n'est pas trop gros, ce qui est la majorité des cas, toute l'intervention peut être réalisée par une incision courte et discrète. Située en périphérie de la moitié inférieure de chaque aréole, elle représente un petit demi-cercle.
- En revanche, lorsqu'il existe un excès important de peau et qu'elle n'est pas élastique, les incisions sont horizontales, plus ou moins longues, situées au niveau des aréoles.
- Enfin, dans le cas où le volume des seins est très important, les incisions horizontales sont bas situées, et les aréoles sont amputées et greffées.
- L'intervention est pratiquée sous anesthésie générale. Elle dure de 1 à 2 heures.
- Un drainage aspiratif par redons ainsi qu'un pansement compressif sont mis à la fin de l'intervention.
- La durée de l'hospitalisation est habituellement de 2 à 4 jours.
- Les drains n'empêchent pas la sortie si elle est possible.
- La douleur postopératoire est habituellement minime. Dans tous les cas, elle est facilement contrôlée par les médicaments antalgiques usuels.
- Un vêtement compressif (boléro) doit être porté en permanence pendant un ou deux mois. Il a pour but d'appliquer la peau décollée sur son sous-sol.
- Les fils sont retirés entre le 10ème et le 20ème jours après l'intervention.
- L'arrêt de travail prescrit est habituellement de 2 à 3 semaines.
- Le sport, les mouvements violents, le port de charges lourdes, sont interdits pendant un à deux mois.
- Des consultations de contrôle sont nécessaires jusqu'à la stabilisation du résultat, qui ne peut être apprécié qu'au bout de 6 à 12 mois.
Incidents et complications :
- Hématome, épanchement liquidien : très fréquents, et possibles malgré le drainage. Leur évacuation peut nécessiter une réintervention sous anesthésie générale.
- Infection, nécrose de l'aréole. Plus rares, mais pouvant conduire à la perte partielle ou totale de l'aréole.
- Cicatrices. Comme pour n'importe quelle cicatrice du corps, l'évolution s'étale sur 6 à 12 mois au moins, avec une phase de rougeur et d'induration initiale de la cicatrice pendant 2 à 3 mois (voir cicatrisation). Une hypertrophie des cicatrices est possible, pouvant nécessiter un traitement propre (voir cicatrices hypertrophiques).
- Risques de l'anesthésie générale.
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